Citations Phocéennes – Part I

Les marseillais se retrouvent souvent confrontés dans leur quotidien à des regards plein d’incompréhension venant des non-initiés à notre si beau langage phocéen.

Certes les chansons du groupe IAM comme les films de Marcel Pagnol, nous aident à démocratiser quelques-unes de nos expressions. On se souvient par exemple, du terme « se filer» (se battre), dans les paroles de «Je danse le Mia » d’IAM, ou encore l’expression « espincher » (surveiller) lancée César dans la fameuse « partie de cartes » du film Marius (extrait ci-dessous). Mais encore du chemin reste à faire.

Pour remédier à ces problèmes de communication, voici un petit lexique non exhaustif de ces expressions venues de la cité phocéenne. Et vous découvrirez, qu’aucune n’est le fruit du hasard mais le résultat d’évolutions linguistiques parfois hasardeuses mais toujours d’une logique imparable.

Commençons par le célèbre « Peuchère ». Utilisé pour exprimer toute sa compassion envers quelqu’un, ce terme viendrait du provençal peccaire et serait le résultat d’une fusion entre les mots latins piscare (poisson) et peccare (faillir). Lors de la messe, les marseillais se trouvaient confrontés à un problème linguistique pour traduire du latin la célèbre prière « priez pour nous pauvres pêcheurs »: ne voulant pas offenser les pêcheurs – rappelons que Marseille est l’une des plus importantes villes portuaires de la Méditerranée – ils créèrent le mot peuchère pour désigner celui qui vit dans le pêché et bien le différencier de nos pêcheurs du Vieux Port. L’expression fit mouche et les phocéens n’eurent plus à lire entre les lignes (de pêche) pour comprendre le sermon du prêtre.

Voyons maintenant l’origine du terme « Dégun » signifiant personne, noone, nessuno, ninguno. On voit d’ailleurs que cette dernière version espagnole est très proche de notre « dégun » marseillais. En effet, tous ces mots ont une origine latine commune « nec unum ». « Y’a dégun » veut donc dire « il n’y a personne ». En 2005, le directeur sportif de l’OM, José Anigo,  fit accroché un grand panneau à la sortie du tunnel emprunté par les joueurs, et menant au Vélodrome sur lequel était inscrit en grosses lettres : A Marseille, on craint dégun ! Rien de tel pour regonfler l’équipe et l’amener droit au but.

Pour terminer ce premier aperçu du vocabulaire marseillais, parlons du « Ouaille ou Oaï », l’orthographe restante indéterminée ; c’est le désordre, bordel, le la pagaille. Pour comprendre, cette expression, il faut se tourner vers nos voisins italiens et plus précisément napolitains à qui l’on aurait emprunté et légèrement francisée leur « uaio » prononcé guaio et ayant le même sens . Le groupe marseillais « Oaistar » s’est servi de ce mot pour créer leur nom et ainsi marquer leur identité.

Voici leur tube « Metts les watts cousin« :

Et puis n’oublions pas IAM « Je danse le Mia »:

 

 

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